BRANDY DUCHARME
(BICHON MALTAIS)
19-05-2000 10-12-2008
by / par Lise Ducharme
(Saint-Jean-sur-Richelieu, Québec)
Brandy est entré dans ma vie par le biais de ma garderie pour petits chiens.
Je n'avais que ma West-Highland Daisy à l'époque et lors de son toilettage Josée me dit: "J'ai une cliente qui cherche un endroit pour faire garder son chien.
Il a été mis dehors de tous les endroits; il fait ses besoins partout, même durant la nuit et ne laisse pas les gens dormir. Je l'ai pris moi-même un soir et mon mari voulait le tuer. Je t'en parle mais ne le prends pas, il est impossible." Nous en sommes restées là mais ça ne me sortait pas de la tête.
Je l'ai rappelée et lui ai demandé les coordonnés de la dame, elle a refusé. Un mois, un mois et demi ont passé. J'y pensais toujours tout en me disant: "Tu cherches les troubles, la grande."
La dame a téléphoné un jeudi soir, elle partait le lendemain pour la fin de semaine et voulait me le laisser en passant. IL est arrivé à 20.30h. Excité comme c'est pas possible. Une toute petite boule d'énergie explosive. Je l'ai posé par terre et à 22.45h, il courrait toujours. J'essayais de lui laisser le temps de vider ses batteries.
Je l'ai appelé et lui ai dit: "Écoute Brandy, je suis une vieille madame et j'ai besoin de dormir si tu te couches et dors je te promets que demain je t'ouvrirai la porte aussi souvent que tu le demanderas." Et je l'ai amené dormir près de mon oreiller dans son petit lit.
Il a accepté mais toutes les fois que j'ouvrais les yeux je le voyais me regarder et attendre. Il n'a fait aucun dégât, n'a dérangé personne, pas un son.
Au matin je l'ai félicité et l'ai sorti. Si cette journée-là je n'ai pas ouvert cette porte-patio 200 fois minimum je veux bien manger mes bas. Mais j'ai tenu promesse et il a toujours été propre et charmant.
Au fond de moi je sentais que Brandy était à moi et qu'il devait être dans ma maison. C'était son foyer et tant qu'il n'y serait pas, tout irait mal dans sa vie. Il savait que j'étais pour lui comme lui était pour moi. C'était immuable, nous n'y pouvions rien.
Allez donc expliquer ça aux parents légitimes. C'était aussi un petit chien très nerveux et ça lui donnait souvent la diarrhée chez-lui parce qu'il était seul plus de 12 h. par jour. La dame a dit que c'était des parasites qu'il avait attrapé à ma garderie.
Et un samedi matin alors qu'il était sagement étendu près du comptoir de cuisine pendant que je préparais le déjeuner, le sol autour de lui à la hauteur de ses hanches s'est couvert de sang; il était en hémorragie.
Je n'ai fait ni 1, ni 2, moins d'une demie-heure plus tard la gardienne était arrivée, le rendez-vous pris dans une clinique réputée de Montréal.
J'ai expliqué la situation au Dr D'orangeville qui me connaissait déjà et je lui ai dit que je voulais savoir ce qu'il avait vraiment, que l'histoire des parasites était impossible.
À 16.00h l'après-midi le diagnostique était établi: Brandy souffrait d'un syndrome d'intestin nerveux et il était en pleine crise. Le médecin comparait chaque épisode à une main brûlante qui lui aurait tordu les intestins. Il a prescrit les médicaments nécessaires et nous sommes revenus à la maison.
Les parents de Brandy avait téléphoné pendant ce temps, jamais ils ne le faisaient. Je les ai mis au courant, ils étaient contrariés; ils ne voulaient pas être contraints à donner un traitement médical à leur chien. Ils ont ajouté qu'ils pensaient plutôt le faire endormir.
Je leur ai dit de le laisser ici gratuitement le temps du traitement qui durait 10 ou 15 jours, que de toute façon je l'avais et que moi je lui donnerais et que si ça les dérangeait tant il n'avait qu'à me donner Brandy.
Ils ont répondu qu'ils ne savaient pas s'ils ne préféraient pas qu'il soit mort que donné et qu'ils allaient y réfléchir. Ils y ont réfléchi de janvier à mars. Brandy allait bien; il n'avait plus aucun épisode de maladie, ni de "parasites".
Un jour de mars ils sont venus me porter un petit sac de choses brisées lui ayant appartenu. Il était enfin à moi.
Au cours des 9 années suivantes il n'a refait qu'un épisode de sa maladie et encore un petit. C'était un merveilleux petit Bichon, drôle, gentil. Je l'appelais le Social Séducteur; quand je lui disais: "Viens, Brandy, on va en auto, tu vas pouvoir faire du social", il était tout en joie. Il adorait les gens, les enfants. Tout ce qui possédait 2 mains pouvant le flatter le passionnait.
Il était toujours de santé fragile; il a eu une glande salivaire éclatée avec problèmes qui ont duré 2 ans.
Il s'est mis à boiter tout à coup et suite à des examens poussés il a été soumis à des injections de Cartrophen pour le reste de ses jours.
Il a eu une déficience de la glande thyroïde et des Syntroïds ont été prescrits. Le médecin ne parvenait jamais à le doser et il lui en fallait toujours plus. Il était rendu à 3 1/2 comprimés par jour. Puis il a eu des problèmes au foie, au coeur.
La vétérinaire ne voulait même plus l'anesthésier pour lui nettoyer les dents. Avec tous les médecins qu'il voyait, tous les examens, prises de sang,traitements à administrer il aurait pu être agressif. Jamais au grand jamais il ne l'est devenu. Toujours heureux; 2 mains! des caresses! Parfait, pas de problème. Il faisait partie de ces êtres qui ne sont que bonté et gaieté quoi qu'il arrive.
Je garde de lui sa parfaite beauté, son élégance, sa gentillesse exquise, son sourire permanent.
Il manque à mon coeur comme le soleil nous manque les jours de pluie et depuis son départ tout le soleil s'est éteint pour toujours et à jamais dans la partie de mon coeur où il habite pour toujours. Toujours présent, à jamais absent.
Il me manque tant.